Etat des lieux des recherches de l’ARTAC sur les CEM (18.12.2009)
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Les recherches de l’ARTAC concernant les effets des champs électromagnétiques sur la santé humaine progressent à grands pas.

I. Intolérance clinique aux champs électromagnétiques

De très nombreuses observations cliniques confirment la description du syndrome
d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM) en trois phases évolutives :

1. La première phase, inaugurale, est d’évolution lente et progressive pouvant durer plusieurs
années, ou à l’inverse être de survenue brutale, marquée par un épisode inaugural précis. Les
symptômes consistent en la survenue de maux de tête (avec fréquente raideur de la nuque),
des acouphènes (sifflements, bourdonnements d’oreille) souvent associés à une douleur
auriculaire, éventuellement des troubles visuels, très fréquemment des troubles de la
sensitivité superficielle (dysesthésies à type de picotements ou de causalgies à type de
« brulures » cutanées) et/ou profonde (myalgies, faux vertiges, voire ataxie), enfin et surtout
de façon quasi constante, des troubles de l’attention et de la concentration avec perte de la
mémoire immédiate.
Des manifestations végétatives sont également possibles, faites de malaises sous la forme
d’épisodes de survenue brutale consistant en oppression thoracique, palpitations et
tachyarythmie (impression que le cœur « s’emballe »), ou de troubles digestifs à type de
nausées, douleurs abdominales, transit accéléré.

2. Puis survient une phase d’état caractérisée par la triade symptomatique : insomnie (les
malades sont souvent réveillés en pleine nuit et ont du mal à se rendormir), fatigue chronique
(allant jusqu’à l’épuisement) et tendance dépressive.
A cette triade symptomatique s’associe les symptômes précédents, à chaque fois que le
malade est exposé aux champs électromagnétiques. En outre, peuvent s’y associer des
troubles du comportement, à type d’irritabilité et de violence verbale.

3. L’évolution est encore du domaine de la recherche.
L’enfant est le plus vulnérable ; Des conséquences psychopathiques sont possibles, mises sur
le compte d’un retard scolaire, de dyslexie sans cause connue.
Chez l’adulte, le tableau clinique peut évoluer vers un véritable syndrome confusionnel avec
désorientation temporospatiale et vers une maladie dégénérative du système nerveux central.
La possibilité de véritables états de démence à type de maladie d’Alzheimer du sujet jeune est
décrite dans la littérature internationale. Dans trois cas que nous avons observés, les champs
électromagnétiques ont semblé être à l’origine d’une sclérose en plaques ou déclencher une
poussée. Dans un cas de cancer du sein, les champs électromagnétiques semblent avoir
contribué à l’émergence clinique de la maladie et dans un autre, avoir favorisé une rechute
plus de trente ans après le diagnostic, alors que le malade était considéré être guéri de sa
maladie.

II. Mise au point de tests objectifs de dépistage et de diagnostic à visée thérapeutique.

L’echodoppler cérébral pulsé permet d’éliminer une pathologie autre telle que migraine,
accident vasculaire cérébral etc. En effet, le profil d’hypoperfusion cérébral est assez
caractéristique. Il peut simuler une maladie d’Alzheimer.
Cet examen permet d’éliminer une simulation ou une autre pathologie psychogénique.

Nous avons mis au point des tests biologiques qui prouvent l’existence de la maladie et son
origine hépatique. Ceux-ci consistent en l’existence d’un taux élevé dans le sang de certaines
protéines de stress ou témoignant d’une souffrance cérébrale. Un déficit en vitamine D est
quasi constant. La mise en évidence d’une perturbation des processus d’oxydoréduction
(stress oxydant) est possible (en cours d’étude). Chez certains malades on note une
augmentation de l’histaminémie. Une baisse de la mélatonine dans les urines est décelée dans
plus de 50 % des cas.
Des tests standardisés de stimulation électromagnétiques pour vérifier que les anomalies
biologiques précédents sont bien liés aux champs électromagnétiques sont en cours. Les
premiers résultats sont en faveur d’un lien de cause à effet.

III. Premières interprétations des données actuelles

Le lien de causalité entre les symptômes cliniques et biologiques observés et la présence des
champs électromagnétiques reposent sur les arguments suivants :

1. La suppression des sources électromagnétiques font régresser (en partie) les symptômes
cliniques et biologiques, la réintroduction des sources les font réapparaitre.

2. Les tests biologiques traduisent l’existence d’une souffrance cellulaire, en particulier
cérébrale d’origine exogène.

3.Les perturbations observées chez l’homme sont compatibles avec celles mises en évidence
chez l’animal de laboratoire. Il a été démontré que chez le rat l’exposition à des champs
électromagnétiques (y compris les radiofréquences) pouvait induire une gliose cérébrale avec
ouverture de la barrière hématoencéphalique. Or les perturbations biologiques que nous
constatons chez l’homme sont identiques à celles mises en évidence chez l’animal.

4.Les premiers résultats des tests de stimulation électromagnétiques que nous avons effectué
révèle qu’au moins chez certains malades des perturbations électriques
(électroencéphalogramme) et métaboliques (test sanguins) apparaissent en cas d’exposition à
de tels champs.

IV. Sources électromagnétiques incriminées.

Chez les malades vus en consultation, les principales sources incriminées sont l’utilisation
prolongée du téléphone portable, l’utilisation de la Wifi, la proximité d’antennes relais, la
proximité d’une ligne à haute tension. Plus rarement, la proximité d’une éolienne, l’utilisation
d’un GPS, etc...

V. Electrosensibilité.

L’électrosensibilité doit être distinguée du syndrome d’intolérance. L’intolérance se limite à
décrire ce qui est observé cliniquement et biologiquement chez les malades.
L’électrosensibilité pose la question de savoir pourquoi certains sujets sont intolérants, y
compris pour des champs d’intensité très faibles, alors que d’autres ne le sont pas. Il est clair
que, comme pour d’autres maladies, dans la population, le nombre de cas d’intolérance doit
être beaucoup plus élevé que celui relevant d’une hypersensibilité, car les malades qui en sont
atteints représentent des cas extrêmes. Ainsi par exemple, tous les cancers ne surviennent pas
chez des sujets génétiquement hypersusceptibles. Il doit en être de même pour l’intolérance
aux champs électromagnétiques.
En fait l’hypersensibilité peut être inné (génétique) ou acquise (environnementale).

Nos recherches consistent à identifier les familles à risque (travaux en collaboration avec la
Suède), afin de vérifier s’il y a ou non certains gènes de susceptibilité relevant du
polymorphisme génétique. De tels gènes de susceptibilité ont déjà été identifiés pour le
syndrome d’intolérance multiple aux produits chimiques (MCS).
En outre des causes acquises d’électrosensibilité sont possibles, telles qu’une intoxication à
certains métaux dits lourds, comme le mercure ou le plomb. Les recherches sont en cours. La
présence de très nombreux amalgames dentaires métalliques est fréquente. Mais le lien causal,
bien que probable, reste à établir.

VI. Analyse de cohorte.

L’ARTAC dispose d’une cohorte de 315 malades atteints de SICEM. Un questionnaire précis
afin de valider les observations précédentes sera adressé au plus tard en début d’année 2010 à
chacun des malades.

VII. Feuille de route thérapeutique

Simultanément à ces recherches, une feuille de route thérapeutique est actuellement testée
chez les malades vus en consultation par le Pr. D. Belpomme.

1. Prévention

Celle-ci repose sur la soustraction du malade à toute forme de champs électromagnétiques.
Les gestes à accomplir sont multiples :

Au plan individuel, suppression du portable (ou écoute écourtée), de la Wifi (revenir au
filaire), des DECT (revenir au filaire), des ampoules à basse consommation émettrices de
champs électromagnétiques (garder les anciennes ampoules), de tout appareil électrique ou
électronique inutile en marche.
Vérifier que les prises électriques comportent une prise de terre.
Prohiber le port d’objet métallique (tels que lunettes à monture métallique, bijoux métalliques,
etc...). Envisager le retrait d’éventuels alliages dentaires métalliques, mais sous contrôle
strict, car un retrait sans protection peut entrainer des signes d’intoxication aigue majeurs par
les métaux contenus dans l’alliage.

Au plan sociétal, veiller à ce que les précautions précédentes soient prises sur le lieu de
travail, en informant les directions et administrations. Transformer son lieu de vie en cage de
Faraday (rideaux et peintures protectrices). Eventuellement déménager pour trouver un
logement compatible, situé en zone blanche ou semi zone blanche.
Protéger les enfants et adolescents, et les femmes enceintes.
Le Wifi doit être interdit dans les lieux publics, en particulier dans les écoles, les lycées et
collèges, les maternités et les crèches, les hôpitaux, etc...
De même les antennes relais doivent elles être interdites à proximité de ces lieux de vie.
Dans les TGV, des zones blanches spéciales doivent être aménagées, réservées aux sujets
électrosensibles.

2. Traitements possibles

Les traitements actuels reposent sur :
a. La correction des déficits biologiques mis en évidence.

b. L’administration de tonifiant du système nerveux, visant à limiter la gliose cérébrale et
régénérer les cellules de la névroglie (astrocytes) qui sont l’objet d’un mauvais
fonctionnement ou qui ont été détruits (apoptose) par les champs électromagnétiques

c. Lutter contre toutes formes d’allergies (cellulaire et humorale), parfois associée. Mettre
sous antihistaminiques en cas d’histaminémie élevée.

d. S’il y a une intoxication associée par les métaux lourds (mercure notamment), envisager la
mise en œuvre d’une chélation sous contrôle médical.

e. Instituer un traitement antioxydant au long cours en raison de la production excessive de
radicaux libres qui est le mécanisme d’action incriminé à l’origine de la gliose cérébrale.

f. Evaluer l’efficacité de ces traitements par des contrôles réguliers, tant au plan cérébral
(echodoppler pulsé) qu’au plan biologique (tests sanguins).

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